En même temps est apparue une nouvelle mode: le furetage immobilier sur Internet, tout simplement pour, en quelque secondes et à partir de chez soi, visiter l’intérieur des résidences à vendre, connaître leurs particularités… et leur prix, même si on n’est pas intéressé à acheter.

La semaine dernière, par exemple, 7838 personnes ont visité le site Internet de la Chambre immobilière de l’Estrie (www.mon-toit.net : http://www.mon-toit.net). En juin, il y avait eu 23 184 visites virtuelles!

Car les annonces de maisons se multiplient maintenant sur Internet; on y publie les photos de toutes les pièces d’une maison et on a de plus en plus droit à des visites virtuelles grâce à des clips vidéo. Comme si on entrait dans la vie privée des clients.

«Le monde de l’immobilier a particulièrement changé ces dernières années. Elle est terminée cette période où les gens nous téléphonaient et qu’on devait leur lire la plupart des fiches de maisons à vendre correspondant à leurs goûts», dit Jean-François Toutant, président de la Chambre immobilière de l’Estrie.

«Neuf fois sur dix, les gens qui s’adressent maintenant à nous ont déjà consulté Internet et vu la maison à laquelle ils s’intéressent. Notre rôle a changé, on doit maintenant en connaître plus sur les maisons en vente, savoir des détails que l’on ne met pas sur les fiches techniques», dit M. Toutant, lui-même courtier pour Royal Lepage.

La maison du voisin est à vendre par un courtier? Consultez Internet et vous apprendrez probablement le prix demandé tout comme vous apprendrez aussi comment il lui en coûte en taxes municipales et scolaires ainsi que le prix pour chauffer et éclairer sa maison. Mais la vie d’un agent d’immeubles n’est pas plus facile, ni plus difficile.

Ils travaillent maintenant avec des ordinateurs sans fil, au bureau ou à la maison, et demeurent disponibles pour les visites, le cellulaire toujours à la main.

«Grâce à Internet, les gens savent mieux ce qu’ils veulent. Il y a quelques années à peine, un agent pouvait passer une fin de semaine avec un client pour lui faire visiter des maisons. Aujourd’hui, le client a déjà sur Internet vu la maison qu’il reluque, les visites sont limitées», dit M. Toutant.

Sur le point de s’équilibrer

Aux États-Unis, explique le président de la Chambre immobilière de l’Estrie, une étude a déjà révélé que les sites des courtiers immobiliers figuraient parmi les cinq premières catégories de sites consultés par les internautes.

«Oui, on le sait, il ne s’agit pas toujours d’acheteurs potentiels, plusieurs internautes font des visites virtuelles juste pour se distraire», convient-il.

Avec la surenchère des maisons à vendre ces dernières années, le monde du courtage immobilier a aussi bondi: il y a cinq ans à peine, la Chambre immobilière comptait 265 agents en Estrie; aujourd’hui, on en dénombre 376.

«Il faut considérer cette profession comme une business si l’on veut réussir. Il faut connaître le marché, s’investir en temps et investir en argent; ce n’est pas toujours facile», confie M. Toutant.

Il y a encore surenchère sur le marché qui est favorable aux vendeurs, croit M. Toutant, mais ce marché est sur le point de s’équilibrer.

Il y a deux ans, explique-t-il, il fallait patienter quelques mois pour réussir à vendre sa maison; ces temps-ci, quelques jours ou quelques semaines suffisent. Mais quand on exige 250 000 $ et plus, les délais de vente se rallongent.

Les prix demeurent élevés: les personnes qui accèdent à la propriété une première fois déboursent en moyenne 145 000 $. Quant aux maisons de 100 000 $ et moins, juge M. Toutant, il faut généralement s’attendre à investir pour des rénovations.

Dans le nouveau Sherbrooke, on trouve actuellement 870 maisons sur le marché des agents immobiliers.

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