Les entreprises canadiennes se portent mieux que jamais. En fait, elles affichent leurs meilleurs profits en quatre ans, selon la dernière enquête de Statistique Canada.

Ensemble, elles ont engrangé des bénéfices d’exploitation de 204,5 milliards en 2004, en hausse de 18,8 % sur l’année précédente.

La palme revient aux services financiers, incluant banques et assureurs, qui encaissent à eux seuls le quart des bénéfices au pays. Ils sont suivis de près par les fabricants.

 » Malgré la hausse du huard, les entreprises ont très bien tiré leur épingle du jeu « , remarque le stratège Clément Gignac, de la Financière Banque Nationale.

Selon lui, la solide croissance économique et la flambée des prix des matières premières ont contrebalancé les effets négatifs liés à l’appréciation du dollar canadien.

Sans compter, ajoute-t-il, que les bilans des entreprises se sont assainis au cours des dernières années et que les usines tournent à plus grande capacité.

Pour 2004, la marge bénéficiaire des entreprises s’est élevée à 8 % par rapport à 7 % pour l’année précédente.

M. Gignac pense toutefois que les profits sont appelés à diminuer cette année.  » L’expiration des programmes de couverture pour la devise et les hausses de coûts à venir amèneront une décélération des bénéfices « , explique-t-il.

Il constate, notamment, une pression sur les coûts de main-d’oeuvre et des transports.

De plus, le spécialiste rappelle que la hausse des taux d’intérêt à venir aux États-Unis ralentira la cadence de notre principal partenaire commercial et se répercutera sur le Canada.

 » Le secteur immobilier américain risque d’écoper et cela va toucher les consommateurs qui comptent pour 70 % de l’économie « , dit le stratège.

Pour le moment, Clément Gignac fait valoir que la moitié de la croissance de l’économie mondiale repose sur les épaules des États-Unis et de la Chine.

Pendant ce temps, il précise que quatre membres du G7 (Italie, France, Allemagne et Japon) flirtent avec la récession.

L’an dernier, la croissance économique mondiale a obtenu sa meilleure performance des 30 dernières années, avec un taux de croissance de 5 %.

 » Comme économiste, je me réjouis de la bonne santé de l’économie même s’il faut s’attendre à un ralentissement, dit-il. Par contre, comme stratège, je vois que les profits sont à des niveaux très élevés. « 

L’expérience lui a démontré qu’il ne faut jamais acheter au moment où les bénéfices touchent leurs sommets, rappelle-t-il.

Pour cette raison, le stratège a récemment abandonné sa recommandation d’acheter des titres sur faiblesse par une stratégie de  » vendre sur force « .

M. Gignac considère que le secteur des ressources naturelles et des sociétés financières sont déjà bien évalués.

Il précise que les sociétés pétrolières ont fait un très long bout de chemin et que les scénarios ne misent pas sur un prix de 50 $ US le baril.

À cela, il souligne que les banques présentent de bons résultats mais que la croissance des revenus est faible et que les marchés des capitaux seront touchés si l’environnement boursier devenait hostile.

Le stratège recommande également la prudence pour d’autres secteurs, dont l’immobilier, les transports et les fiducies de revenu.

 » Il ne faut toutefois pas généraliser, prévient-il. Il faut analyser les cas un à un. « 

Auteur : Bourdeau, Réjean Source : La Presse Affaires, samedi 26 février 2005

 

FLAMBÉE DES PROFITS CANADIENS

BÉNÉFICES D’EXPLOITATION PAR SECTEURS D’ACTIVITÉS

En milliards de dollars

2004 / Var. 1 an

Services financiers 50,4 / 14,8%

Fabricants 49,0 / 33,9%

Pétrole et gaz 21,5 / 7,2%

Grossistes 15,2 / 13,0%

Détaillants 14,1 / 25,5%

Immobilier 11,6 / 7,3%

Transport 8,9 / 24,5%

Autres 8,4 / 12,0%

Comm. et culture 7,4 / -4,9%

Construction 5,6 / 15,0%

Services publics 4,4 / 15,0%

Mines 3,9 / 221,8%

Agriculture 2,2 / 2,6%

Services techniques 1,9 / 21,0%

Total 204,5 / 18,8%

CLÉMENT GIGNAC: Stratège à la Financière Banque Nationale

PLUS : l’assainissement du bilan des entreprises et la poussée économique mondiale ont permis de contrebalancer les effets négatifs du dollar canadien

MOINS : les hausses attendues de taux d’intérêt et l’expiration des couvertures de change réduiront les attentes des investisseurs au chapitre des profits en 2005 et 2006

Source : Statistique Canada

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