Une fin de récession appelle généralement un renversement de tendance en matière de taux d’intérêt. Mais cette reprise que tous prévoient lente et ce chômage toujours en hausse ne devraient pas provoquer un mouvement haussier notoire. Ce faisant, dans la mesure où le contexte pourrait être approprié au gel de son hypothèque dans une échéance de long terme, un tel conseil refléterait surtout la forte concurrence que les institutions se livrent sur le terme de cinq ans.

Les institutions ont déjà donné un petit coup de levier à la hausse sur leur grille de taux hypothécaires. Rien de dramatique, les hausses oscillant autour des 20 points de base. Mais un certain signal a été donné et, au fur et à mesure que la reprise s’installera en relève à cette récession, la progression du loyer hypothécaire pourrait être plus convaincante.

Mais, pour l’heure, le mouvement haussier qui se dessine n’annonce rien de dramatique, ce qui ne milite pas en faveur d’un gel de l’hypothèque pour un terme plus long. Tout au plus les scénarios officiels laissent-ils projeter des augmentations moyennes variant entre 100 et 125 points de base selon les échéances sur un an, soit d’ici au dernier trimestre de 2010. Si on s’inspire des projections du Mouvement Desjardins, une hypothèque d’un an commande présentement un taux de 3,5 % et serait renouvelée après 12 mois à un taux de 4,5 %, soit à un niveau inférieur au taux actuel de 5,5 % exigé pour le terme de cinq ans.

Or, selon l’évolution de la conjoncture, les hausses attendues pourraient être plus fortes sur les titres obligataires. De l’ordre de 150 à 200 points pour les échéances de deux et de cinq ans. Comme ce marché influence le loyer des hypothèques, la grille de taux hypothécaires qu’on retient présentement pour cible pourrait être trop conservatrice. D’autant qu’au Canada l’activité immobilière doit retrouver son rythme d’avant la récession l’an prochain.

Si on choisit le court terme, il y a donc ce risque de devoir renouveler son hypothèque dans un an à un taux de loin supérieur à celui qu’on peut présentement projeter.

Un autre élément à considérer vient de cette concurrence que se livrent les institutions financières, qui se veut plus forte encore dans le créneau du cinq ans. Cet environnement concurrentiel est exacerbé par le programme de rachat d’hypothèques du gouvernement fédéral, mis sur pied dans un contexte de crise sur le marché du refinancement interbancaire. Les banques reconnaissent que ce programme est très utile et précieux, ne serait-ce que parce qu’il permet de liquéfier des capitaux autrement gelés dans des hypothèques de long terme et d’abaisser leur coût de financement. Sur l’échéance de cinq ans, il est possible de négocier un taux réel inférieur de 150 à 175 points de base au taux officiel, ce qui ramène ce taux sous les 4 %. Du cinq ans à 3,9 %, cela vaut la peine d’y penser!

Source : Le Devoir, 2009


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