Il y a une façon de préparer une maison que l’on souhaite vendre rapidement et au meilleur prix possible. Cela s’appelle le «home staging», une technique qui est née aux États-Unis voilà déjà plus de trente ans, mais qui vient à peine d’arriver au Québec et en Estrie.

Maggie George est une pionnière dans le domaine, dans la région de Sherbrooke.

Cette agente d’immeuble a complété une formation en home staging à Toronto et à Ottawa, auprès de Barb Schwartz qui a créé cette technique.

«Une maison mise en valeur de cette manière se vend 2,2 fois plus vite que les autres propriétés. Elle se vend également à un prix enrichi de 2 à 10 pour cent», soutient-elle au cours d’une entrevue qui s’est déroulée dans une maison qu’elle a entièrement revue et corrigée.

Pour mettre une maison en valeur selon le home staging, il peut en coûter entre 500 $ et 3000 $. Mais, prévient Mme George, il ne s’agit pas d’une dépense compte tenu du rendement que cet investissement obtient par l’entremise de la hausse du prix de la vente.

C’est souvent à la recommandation d’un agent d’immeuble que le propriétaire de la maison fera appel à une spécialiste du home staging avant de mettre officiellement la maison en vente.

En gros, résume-t-elle, le home staging consiste, non pas à ajouter des éléments décoratifs aux pièces de la maison mais, surtout, d’en réduire l’encombrement et de la dépersonnaliser.

On s’intéresse à quatre éléments: l’espace (les acheteurs potentiels veulent acquérir un espace, un milieu de vie), l’ambiance (créer une ambiance neutre et dépersonnalisée car les gens n’ont pas tous les mêmes goûts), la propreté et l’ordre (chaque chose à sa place).

«On enlève des choses. On enlève certains meubles ou objets qui peuvent donner l’impression que la pièce est plus petite qu’elle ne l’est en réalité. On enlève des objets personnels comme les photographies d’enfants car ces objets attirent l’attention des acheteurs et les détournent des éléments de la maison que l’on veut mettre en valeur pour mieux la vendre», explique Mme George.

Pour la maison où s’est déroulée l’entrevue, l’opération a pris huit jours mais, généralement, a-t-elle souligné, il suffit que d’une seule journée pour la mise en valeur de toutes les pièces. Ici, il a fallu enlever de la tapisserie, repeindre des pièces, poser un ou deux nouveaux rideaux, ajouter des poignées à des portes d’armoires, etc.

Autour de la maison

On a même fait quelques interventions autour de la maison. Le vieux cabanon croches et la balançoire hors d’usage ont été démolis. Les arbustes ont été taillés. La poignée de la porte d’entrée a été changée. Une nouvelle boîte aux lettres a pris la place de l’ancienne.

Ce n’est qu’une fois les travaux complétés que les photos seront prises et que la maison sera officiellement mise en vente.

Le reste, a dit Mme George, n’est pratiquement plus qu’une formalité.

«Au-delà de l’aspect commercial d’une transaction portant sur un toit et sur un prix, l’achat d’une maison est une démarche hautement émotive. En l’espace de quelques secondes à peine, en moins de deux minutes, les acheteurs éventuels ressentent ou non des »vibrations« positives en pénétrant dans une maison. Dans la quasi-totalité des cas, neuf fois sur dix, la décision d’acheter se prend sur un coup de foudre», a expliqué Mme George en ajoutant que la cuisine et la salle de bain sont les deux pièces les plus importantes.

Auteur : Gilles Fisette
Source : La presse, 13 novembre 2006 – 08h39

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