Planter une haie autour d’un terrain, y transplanter quelques arbres et aménager une rocaille ou un petit jardin d’eau crée non seulement un milieu de vie agréable, mais apporte une plus-value importante lors de la vente d’une résidence. Et cette valeur ajoutée peut même être chiffrée.

Plus encore, le simple aménagement d’une terrasse pourra faire augmenter la valeur d’une maison jusqu’à 12,4% lors de la revente. Il s’agit de l’investissement le plus rentable qui soit autour d’une maison, rapportait le prestigieux magazine The Economist en décembre 2003. Mais le plus étonnant, c’est que l’étude citée par la publication a été réalisée à Québec par l’Université Laval.

S’il semble évident qu’une propriété dont le terrain est bien aménagé pourra commander un prix un peu plus élevé qu’une autre propriété semblable, mais offrant seulement un terrain gazonné, encore fallait-il le démontrer et surtout le chiffrer. En l’an 2000, les chercheurs de l’équipe de François Des Rosiers, professeur titulaire de gestion urbaine et immobilière à la faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval et membre du Centre de recherche en aménagement et en développement, ont examiné le contexte entourant la vente de 760 maisons unifamiliales de la Communauté urbaine de Québec entre 1993 et 2000.

L’étude a tenu compte de 31 critères d’aménagement et chaque terrain a été visité même si les chercheurs n’ont habituellement pas eu accès à la cour. Il s’agit de propriétés qui se sont vendues à un prix moyen de 112 000 $ (de 50 000 $ à 435 000 $). La superficie moyenne du terrain était de 659 mètres carrés et la surface de la résidence était de l’ordre de 123 mètres carrés. Les maisons avaient une quinzaine d’années d’existence. Dans 45% des cas, la propriété ou son environnement immédiat comptait des arbres, surtout des feuillus, et dans une proportion un peu moins élevée (41%), on y trouvait une haie. Mais la grande majorité (90%) présentait des bordures aménagées de fleurs ou d’arbustes.

Conclusion: un terrain où on retrouve plus d’arbres que dans l’environnement immédiat peut voir sa valeur marchande augmenter de 7,3%. Par contre, si le couvert devient trop dense, la valeur diminue, notamment si les acheteurs sont dans la tranche d’âge de 50 à 65 ans.

De deux propriétés qui ont des aménagements semblables, celle qui est dotée d’une haie verra sa valeur augmenter de 7% par rapport à la première. Plusieurs autres études réalisées aux États-Unis en arrivent d’ailleurs à des résultats semblables, nous dit l’étude. D’ailleurs, le simple fait qu’une haie délimite une propriété peut en faire augmenter la valeur de 3,6 %. Pour stimuler la vente d’une maison, bon nombre d’agents immobiliers vont utiliser des photos montrant le terrain et les aménagements lorsqu’ils sont à leur plus beau, fait valoir le chercheur.

Lorsque les éléments des aménagements sont décortiqués plus finement, indique l’équipe de François Des Rosiers, on constate que des allées fleuries peuvent faire augmenter la valeur de la propriété de 4,4 %, un pourcentage qui atteint 12,4% dans le cas d’une terrasse bien aménagée.

Par contre, au-delà d’une certaine densité, le couvert d’arbres commence à avoir un impact négatif sur la valeur de la propriété. «Quand les arbres sont trop nombreux, l’ensoleillement diminue considérablement, l’humidité ambiante est souvent élevée et le gazon ne pousse plus faute de lumière suffisante, a expliqué M. Des Rosiers lors d’une entrevue. Aussi ne faut-il pas s’étonner de voir les propriétaires sortir leur tronçonneuse pour abattre certains arbres pour faire de la place à des aménagements qui demande moins d’entretien.»

Autre constat, ajoute le chercheur. Les propriétaires âgés de 50 à 65 ans, surtout chez les hommes, sont de plus en plus las de ramasser des feuilles sur le terrain l’automne. Si bien qu’à leurs yeux, une propriété bien boisée aura un peu moins de valeur en raison des travaux qu’ils devront accomplir.

Il va sans dire que les amateurs de jardinage s’adonnent à leur passion avant tout pour le plaisir. Mais pour certains, le fait de savoir que l’aménagement de leur terrain peut leur valoir une certaine «récompense» lors de la vente éventuelle pourra leur faire accepter plus facilement les tâches moins agréables, tailler la haie ou ramasser les feuilles mortes, par exemple.

Source : La Presse

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